SNA - Saint-Nazaire Archipel

Concours d'idées AMITER - Mieux aménager les territoires en mutation exposés aux risques naturels
3e prix - citation

 

Avec LOA, Atelier Le Vôtre, Kévin Chesnel, Pauline Ouvrard, Servane Gueben-Vernière et Jérôme Blin

 

À l’heure où la planète entière se concentre sur une forme de lutte contre les effets du réchauffement climatique et en première ligne contre les risques de submersion marine et d’inondation, la formulation Saint-Nazaire Archipel peut surprendre. Pourtant, celle-ci résulte d’un dialogue entre architectes, urbanistes, paysagistes et géographe spécialiste du littoral, lors d’une balade le long des grands bassins nazairiens.

Quelles conséquences l’élévation du niveau marin de même que la multiplication des tempêtes auraient sur cette ville profondément remaniée après la guerre et dont la renommée s’est construite sur le précieux savoir-faire des chantiers navals donnant naissance à des bateaux toujours plus gros ? D’ailleurs, cette activité identitaire de la ville correspondra-t-elle toujours à la demande ? Comment Saint-Nazaire pourra faire face à ces phénomènes attendus et quelque peu redoutés ?

Or, réfléchir à l’aménagement de l’îlot Halluard-Gautier, c’est réfléchir à l’avenir de Saint-Nazaire dans sa globalité à l’horizon 2100. C’est aussi se projeter dans un monde où le gigantisme des paquebots n’aura peut-être plus lieu d’être, repenser la façon d’habiter le littoral nazairien, ce territoire entre mer, fleuve et marais, dynamique et mobile par essence. C’est également admettre que le site Halluard-Gautier et ses environs seront sous l’eau de plus en plus souvent et de plus en plus longtemps. C’est accepter la survenue inéluctable d’inondations et de submersions marines et donc concevoir des aménagements favorisant l’évacuation lorsque nécessaire.

Mais alors, comment vivre Saint-Nazaire d’ici 2100 ? Comment l’habiter ? Comment y travailler ? Comment s’y déplacer ? Comment s’y plaire, tout simplement ? Grâce à un projet architectural global, évolutif et intégré proposant une approche par emboîtement d’échelles spatio-temporelles qui permet alors d’imaginer des solutions dites sans regrets, modulables, continuellement adaptables à l’évolution des besoins. Un projet évolutif qui tient compte des incertitudes scientifiques sur l’ampleur mais surtout le rythme à venir de la montée des eaux et des épisodes tempétueux. Un projet qui intègre aussi bien des enjeux sécuritaires, socio-économiques, qu’environnementaux et paysagers. Un projet qui ouvre la ville sur l’eau pour mieux se protéger des risques aquatiques et vivre en sécurité.

Ainsi, Saint-Nazaire Archipel élargit de façon nécessaire le programme du concours. Vivre à Saint-Nazaire Archipel, c’est rehausser et revaloriser l’habitat existant par la densification des « terres fermes » de la ville haute. C’est laisser circuler les eaux marines, douces et saumâtres dans la ville basse pour faire place à la flore et la faune littorales et permettre la recolonisation progressive par les écosystèmes littoraux. C’est entrer dans la ville archipel par rails suspendu, hydroglisseurs sur boudins électro-conducteurs, c’est prolonger la circulation grâce à un système de passerelles piétonnes reliant les Grandes Pêcheries entre elles et à la ville haute et basse. C’est, enfin, prolonger les paysages de marais salants, de la Brière bien sûr !

 

Site Halluard Gauthier - Communauté d'agglomération Saint-Nazaire (44)
Ministère de la transition écologique + Cerema + PUCA